19/05 - LA QUOTIDIENNE SUR TALES FROM THE GOLDEN AGE
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L’absurde réalité de la Roumanie de Ceaucescu
19 mai 2009 – « Nous avons besoin de pigeons, l’escorte motorisée est en route ! » Le maire d’un petit village de campagne roumain est totalement paniqué. Une inspection officielle du gouvernement est prévue cet après-midi, et rien n’est prêt. Les rues doivent être balayées ! Les drapeaux doivent être hissés ! On doit trouver des pigeons ! « Nous pourrions suspendre des fruits dans les arbres», suggère quelqu’un. « Non », soupire le maire, « cela serait ridicule. » C’est dans ce brouhaha que Tales From The Golden Age (Contes de l’Âge d’Or), a été projeté aujourd’hui à Cannes. Ecrit par Cristian Mungiu, gagnant de la Palme d’Or il y a deux ans pour son film 4 Months, 3 Weeks & 2 Days, ce qui rend le nouveau film de Mungiu si drôle et si triste, c’est qu’il fait le portrait de la Roumanie de Nicolae Ceausescu avec une précision extrême. Si vous faites des recherches sur Ceausescu, vous verrez que « des vaches bien nourries étaient transportées à travers le pays en anticipation de visites officielles dans les fermes ». Cela ne s’invente pas. Pas d’œufs pour Pâques, pas de viande à Noël, une Volga noire au coin de la rue attendant de vous emmener dans une cellule de prison, voici quelques exemples de la vie des Roumains en 1989 lors de « l'Âge d’or du communisme. » Les bons contes de fée, même les plus ridicules, contiennent toujours une part de vrai sur la nature humaine. Dans l’un des films , une jeune femme a besoin d’argent pour payer un voyage scolaire. Ses parents n’ayant pas les moyens de le financer, elle devient donc une arnaqueuse et une voleuse. Elle est une sorte de Cendrillon, souffrant de la cupidité et de la malfaisance du régime de Ceausescu. Ceux qui ont choisi d’ignorer les contes de fées sont condamnés à faire des erreurs. Ceux qui ont suffisamment de recul pour se moquer de leur propre histoire sont sur le bon chemin. — Randall KoralCette année NESPRESSO fait la couverture de Cannes, en détails. Vincent Maraval nous donne son avis sur les films que sa compagnie, Wild Bunch, passe à l’écran pendant le festival (“Un Autre Regard”, exclusivement sur le site internet de NESPRESSO, tous les jours à 18 heures). Et Randall Koral, le correspondent de NESPRESSO à Cannes, étale ses impressions sur les films tout au long du festival ("Cannes Daily”, à 11 heures).
