Roland-Garros 2008

Roland-Garros 2008

Federer pris dans la tornade Nadal

Ce dimanche 8 juin 2008, Roger Federer réglé comme une horloge suisse arrive en conquérant sur le Court Central. Tête haute et regard altier le tombeur de Gaël Monfils en demi-finale est pressé d’en découdre face à celui qui l’empêche depuis deux ans d’atteindre son Graal : la Coupe des Mousquetaires, le seul trophée qui lui manque. Un vide sidéral que le champion veut absolument combler. Le public frémit d’avance. Roger Federer parviendra-t-il enfin à dominer Rafael Nadal ? Le joueur ibérique qui demeure son meilleur ennemi sur la terre ocre de la Porte d’Auteuil.Dans ses déclarations d’avant match, le Suisse a montré toute sa détermination et sa confiance. De l’intox ? De l’auto persuasion ? Sans doute tout cela à la fois. Car la finale opposant les deux plus grands joueurs du monde accouche d’une souris. Elle sera même l’une des plus courtes et plus faciles pour l’Espagnol. Jamais depuis 1977 et la victoire de Guillermo Vilas sur Brian Gottfried, les spectateurs parisiens n’avaient assisté à un dernier acte aussi fulgurant.Dès les premiers échanges, la messe est dite, le conquistador se nomme bel et bien Rafael Nadal. Le Suisse est pris dans la tornade espagnole. Impuissant, presque fataliste. Roger Federer a désormais la tête basse. La mine déconfite, les sourcils réprobateurs, le flamboyant numéro un mondial n’est que l’ombre de lui-même. Un fantôme qui hante le court Philippe Chatrier. Imperturbable et impitoyable, Rafael Nadal continue à distiller ses coups droits liftés comme autant de flèches empoisonnées. Le premier set est une vraie gifle pour le Suisse. Un 6-1 terrifiant. Le public parisien conscient de sa douleur redouble ses encouragements. Timide réveil. Juste une illusion. Le Suisse lâche la seconde manche (6-3) avant de s’engouffrer dans une nuit de cauchemar par la perte du troisième set 6-0. « Une roue de bicyclette » comme on dit dans le jargon. Après cette défaite, Roger Federer retrouvera tout de même les ressources pour remonter en selle. C’est aussi cela être un champion.