Roland Garros 2000
Mary pleine de grâce
Oh Mary, si tu savais…Tout le bien que tu nous fais. Pour cette édition du nouveau millénaire, Mary Pierce enchante les spectateurs de la Porte d’Auteuil. Une vraie réconciliation. Depuis 1994 et sa finale perdue face à l’Espagnole Arantxa Sanchez Vicario, le public parisien l’a boudé ostensiblement. Les Français espéraient tant de la numéro 1 française qui peinait depuis à passer le cap des huitièmes de finale. En 1996, année maudite, elle quitte Roland Garros sous les sifflets après sa défaite au troisième tour contre l’Allemande Barbara Riitner. Dans « La fabuleuse histoire de Roland Garros »1 Mary Pierce raconte : « A cette époque, le public attendait beaucoup de moi. C’était Mary « la Française » quand je gagnais, et « Mary » « l’Américaine » quand je perdais. Je me suis alors protégée. J’ai dû parler avec des gens, avec d’autres athlètes pour mieux comprendre le public. En fait, comprendre les Français. Par la suite, je suis devenue plus à l’aise dans la vie, j’ai changé. Et le public l’a compris. »Tellement bien dans ses baskets, Mary Pierce tente des coups incroyables lors de ce Tournoi de l’an 2000. En quarts de finales face à Monica Seles, elle réalise le geste le plus beau de sa carrière. Débordée par la balle, elle la rattrape par un fabuleux coup entre les jambes. Le public est en liesse. Pendant une longue minute, le public scande son prénom. Ces tonitruants « Mary, Mary » comme elle n’en a jamais entendu au cours de sa carrière manquent de lui arracher des larmes. Mais pas question de se désunir. Le fabuleux destin de Mary est en train de s’écrire. En demi-finales, elle balaie la favorite Martina Hingis qui venait de la battre lors de leurs sept précédentes confrontations. Paradoxalement, la finale sera pour elle l’un des matchs les plus faciles de la quinzaine. Contre l’Espagnole Conchita Martinez, la forme de la Française et la confiance emmagasinées depuis le début du tournoi atteignent des sommets. En moins de trente minutes, Mary Pierce enlève le premier set (6-2). E dépit d’une plus grande résistance de son adversaire dans la seconde manche, elle arrive à bout de l’Espagnole (7-5). Explosion de joie. Mary Pierce remporte le second titre en Grand Chelem de sa carrière. Le plus beau.
