Roland Garros 1984
« Big Mac » croqué par Lendl
Un simple match de tennis ? Non, un récital. Cette édition 1984 offre un duel au sommet entre John Mc Enroe et Ivan Lendl, respectivement numéro 1 et 2 mondial au classement ATP. Du grand art. D’emblée, Mc Enroe, le Mozart de la raquette, récite une partition parfaite de son tennis. Le gaucher au service millimétré et aux volées ciselées comme des lames de couteau fait sensation. C’est un fabuleux numéro de soliste. En face, le Tchécoslovaque Ivan Lendl assiste au spectacle. Impuissant. L’Américain survole les débats et enfonce Lendl dans les plus profonds abîmes du doute. Face à lui, Mc Enroe compte huit succès consécutifs. Cela ne fait plus un pli. Le neuvième est pour aujourd’hui. Durant les deux premiers remportés haut la main (6-3, 6-2), « Big Mac » apparaît invincible. Et l’entame de la troisième manche ne semble pas pouvoir inverser la marche de l’histoire. Soudain. Un bruit, presque sourd, vient perturber la belle symphonie américaine. John Mc Enroe, lâché par ses nerfs se dirige vers un ingénieur du son à qui il hurle toute sa colère. En demi-finale, le joueur a déjà perdu son sang froid face à son ennemi de toujours Jimmy Connors. Les deux hommes ont même failli en venir aux mains quand Jimbo a lâché au turbulent Mc Enroe : « J’en ai marre que tu te comportes comme un gamin. T’as vraiment l’âge mental de mon fils ! »Mais là, l’irritabilité de Mc Enroe déconcerte le public. La partie s’annonçait comme un long fleuve tranquille pour l’Américain. Alors pourquoi vouloir faire tant de vagues ? Plus grave, cet énervement remet Lendl dans la partie. Mc Enroe perd pied et se noie. Lendl égalise à deux sets partout. L’Américain, vaincu par la fatigue dans la cinquième et dernière manche rend les armes. Il ne gagnera jamais Roland Garros.
