Roland Garros 1928
Un pour tous, tous pour un !
1928. Premier dimanche de juin. Première finale de l’histoire. La chaleur écrase le tout nouveau stade de Roland Garros. L’orage gronde dans le ciel parisien. Imperturbables, deux mousquetaires se font face. Henri Cochet dit « le Magicien », sort de son chapeau les coups dont il a le secret : coup droits puissants, volées et smash. Bref, l’attaque à tout crin. En face René Lacoste dit « Le Crocodile », s’accroche. Moins puissant que son adversaire, il mord sur toutes les balles et joue sur le revers de Cochet, son point faible. « Le magicien » peine à trouver la bonne formule et Lacoste enlève la première manche. Piqué au vif, Henri Cochet redresse la tête et dompte la petite balle en la fouettant de plus en plus tôt. La science de René Lacoste s’efface devant la lourdeur des coups assénés. Valeureux, le crocodile sauve cinq balles de matchs avant de s’incliner (5/7 , 6/3, 6/1,6/3). Roland Garros, théâtre des émotions, ignore encore toute la magie qui surgira au fil des années de cette terre ocre. Le dramaturge Tristan Bernard, spectateur de ce premier acte fondateur écrira : « Les deux heures que j’ai passées là autour du court figurent parmi les plus belles de ma vie. »Un mois plus tard, les deux mousquetaires, retrouvent l’enceinte de la Porte d’Auteuil pour la finale de la Coupe Davis. Cette fois, ils font cause commune. Flanqués de leurs frères d’armes Jean Borotra et Jacques Brugnon, ils conservent le saladier d’argent face aux Américains emmenés par le redoutable William Tilden. Henri Cochet est porté en triomphe. L’histoire est en marche. Pour l ‘éternité…
